Pas un sou public à l’UBS SA !
Josef Zisyadis | 7 décembre 2008Est-ce qu’on donne de l’alcool à un alcoolique notoire pour le guérir ? Au moins, pour les toxicomanes, la politique suisse de la drogue des 4 piliers permet de prescrire de l’héroïne sous ordonnance médicale…
Dans le cas de l’UBS, les toxicomanes financiers vont toucher le pactole de 68 milliards sans aucun contrôle public. A fond perdu ou presque. L’argent des citoyens va être “investi” pour exonérer ces dangereux trafiquants de toute leur responsabilité dans leur propre débâcle.
Le chantage auquel le Parlement suisse est soumis et auquel il va répondre positivement sans doute aucun, c’est: renflouez l’UBS ou vous allez mettre au chômage des centaines de milliers de travailleurs…
Et ce chantage fonctionne, y compris dans la gauche sociale-libérale, qui ne jure que par une prise de participation dans le capital de l’UBS. Quelle audace ! Quelle cohérence !
Que l’UBS actuelle crève, c’est le meilleur assainissement financier que nous pourrions souhaiter ! Ce n’est pas l’UBS qu’il faut sauver, mais les milliers d’emplois qui pourraient être affectés. Dans ce cas, il s’agit de choisir d’injecter de l’argent public directement pour:
- maintenir des emplois socialement utiles
- créer un pôle public de crédit
- développer un bouclier social
Contre la tyrannie des marchés financiers, il n’y a pas de demi-mesure: le peuple suisse doit exiger une socialisation de l’UBS, une expropriation sans aucune indemnisation et mettre en place une reconversion de ses activités qui correspondent à des intérêts publics: le crédit aux entreprises productrices d’emplois et des biens utiles, le prêt hypotécaire.
Les 68 milliards doivent donc aller directement pour aider les travailleurs. Nous n’avons pas besoin de scénario d’intermédiaires douteux, qui vont plonger l’ensemble des intérêts publics dans la spirale de la croissance des intérêts financiers privés.
L’urgence publique est dans la construction d’un bouclier social, avec notamment la revalorisation de l’AVS au détriment du 2ème pilier (un doublement s’impose pour sortir de la pauvreté des milliers de concitoyens).
L’urgence est dans la mise en place d’un salaire minimum national et dans un revenu maximal acceptable (fois 10 du salaire minimum, c’est déjà pas mal…).
Il faut enfin stopper immédiatement toute la péjoration de l’assurance chômage qui est en préparation et la réformer avec la création d’une allocation universelle de base.
Tout franc public détourné dans le sauvetage de l’UBS sera un franc qui sera soustrait au bouclier de la justice sociale et à la lutte contre le réchauffement climatique.
Libéraux de tout le pays, réveillez-vous ! Le Conseil fédéral est truffé de dangereux communistes… Ils ont peur de leur mur de Berlin.







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